Gerhard Richter

Dans le cadre de mon cours d’infographie à l’École des Arts d’Ixelles, je dois également suivre le cours d’histoire de l’art; et pour ce cours-là, j’ai dû préparer un petit papier sur l’artiste de mon choix, en l’occurrence l’artiste peintre Gerhard Richter. Et du coup, j’ai eu envie d’en parler ici aussi, car à mon humble petit avis, c’est le plus grand artiste en activité de notre temps.

Gerhard Richter - Tante Marianne

Tante Marianne, 1965, 100 cm x 115 cm, CR: 87, Huile sur toile

Gerhard Richter est allemand, il grandit du côté Ouest et étudiera les arts à l’Académie des Beaux-Arts de Dresde, un cursus très technique donc, traditionnel aussi mais qui permettra à Richter d’acquérir une grande maîtrise de la peinture. Il se lance dans des peintures basées sur ses photographies, mais il ne les reproduit pas à l’identique, elles sont comme plus ou moins floutées comme on peut le voir ci-contre dans le tableau « Tante Marianne ». Ou à l’inverse elles font preuve d’un grand réalisme comme quand il peint des nuages ou sa série de bougies.

En 1959, il visite la documenta et se prend un véritable choc en découvrant les œuvres abstraites de Jackson Pollock et de Lucio Fontana. Une « révolution » pour lui à qui l’Académie avait toujours ressassé que l’art abstrait c’était de la camelote. Il s’essayera alors à l’abstraction, mais insatisfait du résultat, jettera toute les toiles issues de cette tentative. Par contre, ce sera pour lui une raison de plus pour quitter la RDA; et dès lors, peu avant la construction du mur de Berlin, Richter passe de l’autre côté.

Vers la toute fin des années 60 et pendant les années 70, il rentre petit à petit dans des compositions purement abstraites via ces études de couleurs via les nuanciers de couleurs ou aussi via ces études du gris. Petit à petit aussi, il floute de plus en plus ses peintures et réalise également des blow-up de sujets, jusqu’à représenter des traces de peintures ce qui rendra bien entendu des œuvres complètement abstraites. Richter revient encore de temps en temps au figuratif; mais le principal de son œuvre fin 70′ est principalement axé sur l’abstraction.

Gerhard Richter - Tableau abstrait CR-456-1

Tableau abstrait, 1980, 65 cm x 80 cm, CR: 456-1, Huile sur toile

Et puis, en 1980, il découvre par hasard l’utilisation du racloir via cette petite œuvre abstraire qui n’a d’autre titre que « Peinture abstraite », sous la référence CR-456-1. Ce serait sa toute première peinture utilisant cet outil qui deviendra presque une marque de fabrique par la suite.
Bien qu’on tombe dans l’abstrait, Richter ne se défait pas directement de son procédé par lequel il démarre d’une photo pour réaliser sa toile. C’est plus discret, mais sur les premières toiles de cette période, on retrouve sous la couche abstraite des éléments figuratifs peints probablement d’après des photos : une bougie sous les touches de la toile CR: 568-1, un paysage en trame de fond de CR: 551-6 et des tubes qui traversent la toile à angle droit dans Station.Gerhard Richter, comparatif de 3 oeuvres

Richter travaille sur ces abstractions qui semblent donc toujours démarrer d’un motif figuratif et une des lectures possibles, c’est qu’il s’inspire de la technique de blow up qui d’après ce que j’ai compris (et si j’ai bien compris) consiste à prendre en très gros plan un sujet figuratif jusqu’à le rendre abstrait.
L’utilisation du racloir permettrait alors, si on suit cette théorie, de représenté le coup de pinceau comme s’il était agrandit au microscope, on décèle alors toutes les aspérités d’un trait. C’est ce que représenterait le tableau Trait (sur fond rouge) (Strich (auf Rot) – 1980, 4 parties, au total: 190 x 2000 cm, CR: 452, Huile sur toile), un gigantesque agrandissement du trait de peinture.

Gerhard Richter - Trait (sur fond rouge) - CR-452

Trait (sur fond rouge), 1980, 4 parties, total: 190 cm x 2000 cm, CR: 452, Huile sur toile

Richter appliquera aussi cette technique du blow up à d’autres toiles et sans l’utilisation du racloir, notamment dans les toiles abstraites CR: 420 et 422 qui représentent des agrandissements de photos de détails de palettes de couleurs.

Quand on l’interroge sur pourquoi ce virage vers l’art abstrait, plusieurs réponses lui viennent : tout d’abord car malgré le succès venant à l’époque, il ne voulait pas rester cataloguer comme peintre de photographies ; aussi parce qu’il est « changeant, un peu versatile » ; mais surtout car la peinture abstraite le fascine. Mais au final, il insiste pour dire qu’il n’y a pas de différences pour lui entre les styles et qu’il ne comprend pas trop pourquoi on les distingue ; dans les deux cas, c’est de la peinture.

« La quasi-totalité des peintures abstraites montrent des scénarios, des environnements ou des paysages qui n’existent pas, mais qui donnent l’impression qu’ils pourraient exister. Comme s’il s’agissait de photographies de scénarios ou de régions qui n’avaient encore jamais été vues et qui ne pourraient jamais exister »1

Gerhard richter - Blau

Blau, 1988, 300 cm x 300 cm, CR: 658, Huile sur toile

Pour en découvrir plus sur cet incroyable artiste :
– son site web : https://www.gerhard-richter.com/
– sur Wikipedia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Gerhard_Richter
– sur Twitter : https://twitter.com/gerhardrichter
– et aussi sur Facebook : https://www.facebook.com/gerhardrichterart

Vous pouvez également consulter le site Artsy.net, qui s’est donné pour mission de rendre l’art accessible à toute personne disposant d’une connexion internet.
Par artiste, vous retrouvez sa biographie, une sélection de ses œuvres, des articles liés, mais aussi les expositions de l’artiste ainsi qu’une sélection d’artistes « similaires ». Bref, de quoi vraiment compléter vos connaissances.

[1] Gerhard Richer | Panorama, Une rétrospective. Sous la direction de Mark Godfrey etNicholas Serota avec Dorothée Brill et Camille Morineau. Centre Pompidou.

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